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Retour sur le colloque psychanalytique du RPH de mai 2012 à Paris 75006 : Perversion sens dessus dessous



Retour sur le colloque psychanalytique du RPH de mai 2012 à Paris 75006 : Perversion sens dessus dessous

 

Cette journée du 12 mai 2012 a réuni les membres du RPH et leurs auditeurs autour de la question de la perversion. Ce thème est venu clore le cycle des entités nosographiques freudiennes que l’Ecole de psychanalyse du RPH a programmé lors de ses sept précédents colloques.

 

La structure de la perversion, comme nous l’ont retracé les intervenants et en premier lieu Diane Sourrouille, est fondée sur le clivage de l’individu concernant l’absence de phallus chez la mère, et plus largement, chez la femme : il reconnait et à la fois dénie ce manque. Il se forme alors des compromis, tels que le fétichisme ou l’homosexualité par exemple, pour pallier ce clivage.

 

Dans la lignée de Freud, nous affirmons que le jugement moral n’est pas ce qui intéresse le clinicien. Pour celui-ci, ce qui prévaut, c’est la souffrance de l’être, ici, de l’être pervers ou de l’être opérant un acte pervers.

Dans cette idée, Julien Faugeras analyse avec nous un cas clinique, celui d’un patient homosexuel. Il y a pour ce patient psychothérapie car il y a souffrance, souffrance dans son rapport à l’autre, dont le désir est écarté, nié par lui. Dans cette cure a pu apparaitre, au fur et à mesure des associations du patient, le fantasme œdipien qui aujourd’hui bloque le patient dans son épanouissement amoureux homosexuel.

Nous n’indiquons pas que l’homosexualité est une perversion, mais nous nous rendons compte, à travers la parole de ce patient, que, pour lui, cela a été un compromis lui permettant de vivre le déni de la castration chez sa mère.

 

La visée de la psychanalyse est que l’être puisse traverser la castration, la reconnaitre et qu’il fasse « avec », qu’il ne continue pas à faire sans, à faire semblant qu’elle n’existe pas. D’où l’idée, énoncée et exposée par Fernando de Amorim lors de cette journée : la psychanalyse vise à réconcilier l’être avec sa structure, avec le conflit qui émane de son fantasme, réconciliation qui passe, inévitablement, par la reconnaissance de la castration.

 

Jean-Baptiste Legouis nous a montré une piste de travail, amorcé avec un patient qui est venu le rencontrer, pendant deux ans, à sa consultation. Repérer la jouissance du patient là où il la montre à voir dans la cure permet de manier le transfert, d’inviter le patient à dérouler ce qui sous-tend cette organisation, ce qui s’y maille, notamment du côté de sa haine, de sa destructivité mais aussi de la mise à jour de son désir. 

 

Aurélie Capobianco et Laure Baudiment ont su partager, à partir de leur clinique, leurs analyses de ce désir. Elles nous ont rapporté comment l’acte pervers ou le trait pervers peut venir nourrir les résistances de patients à l’égard de leur désir. Pour l’une de ces patientes, le déni du désir de l’autre lui a permis de nier son propre désir. La psychothérapie engagée invite cette femme à aller voir ce que ces actes ont jusqu’ici permis de cacher. Pour un autre patient, la psychothérapie est abandonnée : elle vient par trop chatouiller l’organisation qui lui permet de fonctionner et qui lui apporte tant de jouissance.

 

L’obligation de soin provenant du champ judiciaire a été exposée par Marie-Hélène Viel et Daniel Zagury, psychiatre des hôpitaux, invité par le RPH.

  1. Zagury a orienté sa présentation autour des « pervers de prison » comme il les nomme, rencontrés dans un cadre juridique où il occupe la place d’expert auprès des tribunaux. Ces individus (violeurs, pédophiles et meurtriers) s’empareraient du sexuel pour mettre en forme leur destructivité et le déni du désir de l’autre qui les organise.

M-H. Viel nous a fait part de sa clinique avec des patients présentant des actes de voyeurisme, illustrant un spectre élargi de la structure perverse : de celui qui éprouve de la culpabilité envers ses actions à ceux qui restent étrangers à la reconnaissance d’un désir de l’autre distinct du leur.

 

Dans l’ensemble de leurs interventions, les cliniciens du RPH ont développé une lecture théorique de leur clinique, nourrie par celles de Sigmund Freud et de Jacques Lacan.

 

La conduite de la cure s’appuie sur la parole du patient, ses associations, et sur le maniement du transfert par le clinicien. Ainsi, c’est le signifiant qui ici joue le rôle de la boussole pour le psychanalyste. « Le signifiant, c’est ce qui fait halte à la jouissance » nous dit J. Lacan dans le Séminaire XX « Encore ». La parole, l’association libre dans la cure vise à faire halte au passage à l’acte, à la jouissance dans le monde extérieur. Là une indication à suivre dans la cure avec les patients, que la perversion soit la structure les organisant, ou que, pour d’autres, elle vienne, sous forme de traits, de moments, de symptômes, ponctuer leurs existences.

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